Interview de Madame Flavia Prodi, femme du Président du Conseil Italien, et auteur avec lui d’un livre traduit récemment, La politique du cœur, Éd. Nouvelle Cité.

Question de José Puig :

Vous donnez beaucoup d’importance à l’école. Vous dites que l’école est un moyen de reconstituer le lien social. Est-ce-que vous pouvez nous expliquer ce que vous entendez par là ?

Flavia Prodi :

Ce que je décris dans le livre vient de l’expérience que j’ai vécue avec mes enfants. Je fais un retour en arrière de 50 ans mais pour mieux revenir à ce qui se passe aujourd’hui. Lorsque nous, nous sommes allés à l’école, c’était après la guerre, je prends l’exemple de la classe de mon mari, il y avait alors la préoccupation de créer des classes qui accueillent des enfants venants d’un orphelinat voisin avec les enfants du quartier. Il y avait vraiment à l’époque le souci de réaliser une intégration sociale. Moi aussi, je suis allée à l’école avec les enfants de mon quartier et il y avait des enfants extrêmement pauvres parmi eux. Nous avons retenu que cette école nous avait éduqués, mais aussi elle nous avait appris à regarder le monde autour de nous. Nous avons fait pareil avec nos enfants, et je crois qu’aujourd’hui les problèmes de l’école soient bien les mêmes : problèmes de l’intégration des enfants d’immigrés. L’école doit enseigner à lire et à écrire, mais une de ses obligations est bien celle de l’intégration sociale…