Interview de Madame Flavia Prodi, femme du Président du Conseil Italien, et auteur avec lui d’un livre traduit récemment, La politique du cœur, Éd. Nouvelle Cité.

J.P. :

Dans votre livre, vous passez continuellement de votre expérience personnelle, de mère de famille, d’épouse d’un responsable politique à votre engagement professionnel comme enseignante et à votre engagement politique aussi dans la Cité. Est-ce-que vous pensez que l’intérêt que vous portez à des questions comme la question de l’éducation, la question de l’intégration des jeunes handicapés est vu différemment parce que vous êtes une femme ?

Est-ce-que vous pensez que parler de ces sujets-là en politique aujourd’hui, on le fait de la même manière si on est une femme ou si on est un homme ?

Fl.P. :

Oui, mais pas parce que les femmes sont plus concernées par les problèmes d’éducation, mais plutôt parce que les femmes sont capables de mettre ensemble les petites et les grandes choses.

La vie d’une femme est faite tous les jours de raisonnement « macro », sur le travail, sur la politique, et elle rentre chez elle et là, il lui faut résoudre tout un tas de petits problèmes. Et moi je crois beaucoup qu’en politique aujourd’hui, il faut continuellement passer du « macro » au « micro », du quotidien aux principes généraux… Les femmes ont probablement une plus grande facilité à coudre ainsi tous ces petits morceaux de problèmes.

Je pense que c’est plus pour des raisons comme celle-là, même si la femme est par essence éducatrice pour ses enfants, à sa capacité à passer de grands problèmes à des solutions très concrètes.

Il y a aussi le fait que j’ai vécu dans une ville comme Bologne et sa Province d’Émilie-Romagne, qui a été une sorte de laboratoire pour les nouvelles politiques sociales et les nouveaux modes d’intervention pour qui en a besoin…