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Fernando Puig Rosado
Video Fernando Puig Rosado. Get Flash.

Puig-Rosado Interview

Première partie

Il y a des dessins pour les films sur des choses qui sont très graves comme ces histoires de maladies et des problèmes de santé, des choses comme ça, si je fais des dessins, ce n’est pas pour faire rire à cause de mes dessins, mais ces maladies c’est pour justement donner une sorte d’optimisme qui est nécessaire, surtout quand on est malade. Non seulement pour les malades, mais pour tous les autres qui vont le voir ce film. Si il reste seulement avec la douleur il manque quand même quelque chose parce qu’ il faut expliquer que quand on dit par exemple »handicap » on pense handicap, c’est quelque chose qui nous manque, qui manque à ce malade qui est handicapé. C’est un mot qui ne devrait pas exister comme ça parce que ça vient des courses de chevaux et qui a un sens qui n’est pas celui-là.

Si je dis : « bon, on parle de quelqu’un qui a une bosse parce qu’il a la colonne vertébrale avec une scoliose, ou une lordose, et si je mets à côté un chameau et un dromadaire, pour eux, est-ce que le chameau va dire au dromadaire : « tu es handicapé parce que tu n’as qu’une seule bosse ? » Alors ça peut être drôle une situation avec des personnages qui ont aussi une bosse mais qui ne sont pas handicapés. Si c’est drôle et que ça fait voir les choses d’une façon différente, à ce moment-là le mot handicap n’a pas de sens.

Si au lieu d’être une bosse, je vais choisir autre chose qui soit par exemple, pour quelqu’un qui a par exemple une jambe qui ne marche pas, qui ne peut pas marcher parce qu’il l’a ou il ne l’a pas, mais qui a une difficulté. Si je fais des choses avec des personnages ou des êtres qui n’ont pas de jambes, par exemple si je fais des poissons, alors là ils n’ont pas de jambes. Alors, c’est toujours chercher quelque chose qui ressemble et quand ça ressemble, à ce moment-là on peut faire de l’humour et on peut faire de l’humour parce que justement, tout ce qui était vu d’une façon grave on va le voir d’une autre façon, en disant mais en fait c’est vrai.

Deuxième partie

Il n’y a pas longtemps j’ai vu dans une revue il y avait, je crois que c’était des chanteurs, des chanteuses irlandais. Il y avait une fille qui était née sans pieds et elle disait : »bon, ce n’est pas non plus une tragédie de ne pas avoir de pieds, je me suis mis un truc comme ça, je marche parfaitement. Elle prenait ça, je ne sais pas si c’était un peu pour dire ça devant les journalistes mais en fait, on voyait une photo où elle ne se cachait pas. On voyait très bien qu’elle avait rajouté des pieds artificiels et elle n’avait pas mis un pantalon par-dessus pour cacher tout ça. Elle savait comment elle était et elle disait « bon, c’est comme ça », ça ce n’est pas de l’humour, ça c’est une force qu’elle avait pour pouvoir considérer les choses comme-çà. Tous les malades et toutes les maladies ne sont pas pareilles donc on ne peux pas demander à tout le monde d’avoir cette force mais on peut utiliser les dessins d’humour non pas pour guérir mais pour faire regarder les choses autrement.

Pour un film, en plus, quand je dois faire un petit dessin sur la couverture de la cassette, là évidemment, je ne peux pas expliquer ce qui va se passer dans ce film. Je ne tiens pas à l’expliquer. Je ne fais pas des dessins explicatifs. Je fais des dessins qui sont une illustration, mais non pas en tant qu’illustration qui répète la même chose que ce que dit le texte pour les films, mais je vais faire un dessin d’humour à partir d’un titre et c’est la seule chose que je fais. On prend le titre et là j’invente un dessin. Ce dessin doit amener quelque chose qui ressemble au titre ou rajouter quelque chose à ce titre. Je pense qu’il y a beaucoup de choses pour lesquelles l’humour est nécessaire.

Dans une dernière fois où j’avais écrit à une revue espagnole qui me demandait ce que je pensais de l’humour et tout ça, j’avais répondu que j’étais convaincu que les gens qui n’aiment pas l’humour vont directement « de patitas al infierno » !… Comme c’est Espagnol, je traduits : « …qui vont directement en Enfer ! »


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